Georges Morin, un artiste donzérois

Le logo de notre association, nous le devons à Monsieur Georges Morin décédé en 2001. Son épouse, adhérente aux « Amis du Vieux Donzère » a bien voulu nous raconter le parcours de cet artiste, car c’est bien d’un artiste dont il s’agit.

Si son métier « officiel » était graphiste, il avait aussi de nombreux autres talents : il était tour à tour potier, sculpteur, peintre…
L’année de sa naissance, son père était militaire à Trèves. Mais sa mère souhaitait que son fils naisse à Donzère. Elle est donc rentrée en France juste avant la naissance, le 03 février 1921. Au hasard des garnisons militaires occupées par son père, il habita à Fleury les Aubrays (près d’Orléans), Toul, puis Nancy.

Il entre à l’école des Beaux Arts de Nancy où il étudie la peinture, la sculpture et la gravure. Le Directeur de l’école Victor Prouvé écrit le 8 juillet 1938 : « Je soussigné, Victor Prouvé, Directeur de l’école des Beaux Arts et des Arts appliqués de Nancy, atteste que l’élève Morin Georges, inscrit à l’école depuis le 13 octobre 1934, est particulièrement doué et studieux. Ses aptitudes sont multiples : passant du dessin à la décoration, du modelage aux divers modes de gravure, avec une aisance et en constant progrès. Se révélant attentif, observateur et sachant mettre à profit les conseils qui lui sont donnés, sans que ce qu’il a en lui de personnel en souffre. Inscrit au Palmarès de cette année comme l’élève ayant obtenu le plus de récompenses et qui a montré le plus d’égale persévérance dans l’ensemble de ses études. 17 nominations dont 7 prix ».

Il obtint plusieurs prix prestigieux : en 1939/40 le prix d’honneur hors concours ; en 1940/41 le Ier prix de peinture ; en 1941 le prix du conservatoire ; en 1941 le prix Jacquot (par testament en date du 17/10/1874, M. Jacquot léguait à l’école une somme d’argent dont la rente était destinée au lauréat d’un concours triennal de dessin d’ornement appliqué à l’industrie). Ce concours comprenait « une épreuve de dessin de 6 heures puis une composition décorative exécutée en deux jours consécutifs pendant lesquels le postulant devait être interné de 6 heures du matin à 18 h le lendemain ». Ce prix n’avait été décerné que 12 fois depuis la Révolution.

En 1942, Georges Morin entre à l’école des Beaux Arts de Paris et obtient une subvention de la ville de Nancy.

Entre temps, il rencontre une ravissante jeune fille originaire des Vosges qui habite Nancy. Il est subjugué par son talent de violoniste… Mais c’est sans compter sur la détermination de la mère de la jeune fille qui ne voulait pas d’un gendre artiste. Alors M. Morin père le fit entrer au service du ravitaillement général où il dut contrôler les tickets d’alimentation. A la suite de quoi, son fils put épouser Marie-Thérèse en 1945. Après son mariage, il se lance dans la céramique et travaille les émaux. Avec un artiste céramiste comme lui, le couple installe un atelier près de Nancy et y organise une exposition dans cette ville qui obtient un très grand succès.

Des personnes éminentes saluent en eux de réels talents. Ils exposent alors dans toute la France ainsi qu’à Boston et dans d’autres villes des Etats-Unis.
Parallèlement, Georges Morin travaille sur un catalogue pour « les coopérateurs » et « le travailleur lorrain ». Il dessine, met en page, photographie… puis, se lance dans la publicité.

A sa retraite, son épouse et lui s’installeront à Mondragon, puis, plus tard, reviendront à Donzère.

Texte de Madeleine Nicolas, « Recherches Donzéroises » n°33, 2007.
Photographies issues du fonds d’archives des AVD, fonds numérique actuellement en cours de classement.